Réserve : BEC – Laroque-Timbaut (14-17)

Dimanche 16 février 1848, dernier concert de Chopin. Dimanche 16 février 2020, dernier match de Cyril Couleuvre à Rocquencourt. Quel lien hormis la date me direz-vous ? Pas grand-chose vous répondrai-je mais quand un virtuose tel notre ami le « snake » décide de nous délivrer sa dernière partition, honneurs et jets de fleurs s’imposent.

Dans un climat printanier, que nous n’aurons certainement le plaisir de connaitre qu’en hiver la faute à des résultats insuffisants, nous faisait face la solide réserve de Laroque-Timbaut. A l’aller les Lot-et-Garonnais nous avaient imposé leur jeu et avaient assez largement gagné. Pour ce match, les étudiants présentaient une équipe à fière allure devant comme derrière. La tactique paraissait évidente, faire tomber ces gaillards et exploiter notre mobilité.

Dès les premières minutes l’envie des locaux se faisaient ressentir. Sur les premiers pilonnages nos braves joueurs fauchaient les gros adverses avec vaillance compensant les kilos de différences par une détermination collective sans faille, on aurait dit les 56ème et 59ème bataillons de chasseurs à pieds dans le bois des Caures en février 1916. Maître Karpyta en fer de lance distribuait bouchon sur bouchon.

Puis soudain sur un ballon de récupération l’éclair intervint. Max Bruet redressa sa course sur la ligne médiane à gauche de notre attaque pour feinter la passe et s’engouffrer dans l’intervalle laissé par le XV d’en face. Lancé comme un V2 personne ne le revit. S’en suivit 10 minutes de pure défense dans nos 22 où nous érigeâmes un véritable fort impénétrable avec des redéploiements défensifs jamais vus cette saison.

Le seul point noir fut l’indiscipline qui permit à Laroque de se rapprocher de la ligne. Les intentions des visiteurs étaient claires, jouant à la main chaque pénalité obtenue ils avancèrent inexorablement vers la terre promise. Mais grâce à la solidarité défensive et au mur d’Hadrien Arribehaute notre en-but resta inviolé jusqu’au « water break ».

Cette coupure décidée par le postier était aussi inattendue que la titularisation de Kolbe à l’ouverture avec le Stade toulousain le même jour. Elle permit à chacun de souffler après les efforts défensifs ininterrompus. Le premier bilan dressé par JJ Borderie fut très positif quant à l’engagement, la seule chose nous faisant défaut étant la discipline. Les vingt minutes qui suivirent se résumèrent à des séquences des Lot-et-Garonnais dans notre camp auxquelles la défense béciste répondit avec courage.

A force d’insister et de bénéficier de pénalités parfois trop facilement offertes, les visiteurs arrivèrent à marquer un essai tout en force ainsi qu’une pénalité juste avant la mi-temps. Dans ce premier acte on vit un paquet d’avant étudiant au four et au moulin en termes de plaquages bien aidé par des arrières qui à l’image de Pommy, Ortalivuli et capitaine Blanchet visèrent les chevilles adverses. A noter de bons coups de pieds de dégagement qui permirent de soulager les troupes à plusieurs reprises.

Après avoir mordu quelques oranges et effectué quelques changements, le XV de la réserve se remit en piste pour un second acte où il fallait rattraper un retard de trois points (7-10). Le BEC commença la deuxième mi-temps comme il avait terminé la précédente, avec beaucoup d’envie mais de l’indiscipline qui ne lui permettait pas de lancer son jeu. De la frustration commençait à s’échapper des travées de Rocquencourt car nos fidèles supporters sentaient bien que sur nos rares offensives nous mettions à mal la défense du département voisin.

Vers la soixantième minute sur un énième pilonnage ce filou de demi de mêlée adverse se fraya un trou de souris pour nous planter un deuxième essai (7-17).

On sentit de l’abattement dans le camp étudiant mais certains cadres tel l’ami Beaudoin n’oublièrent pas de rappeler aux plus jeunes que la ren- contre n’était pas terminée et, une fois le moral regonflé à bloc, ce fut une vague rouge et bleue qui se lança à l’assaut du camp adverse. Les avants réussirent à conserver des ballons propres qui, une fois libérés, permirent à nos adroits trois-quarts d’enflammer une pelouse qui n’attendait que ça.

Sur une attaque de ligne d’école à la Finn Russell, cet artiste d’Etienne Ortali perfora la défense roquentine pour venir jouer un deux contre un avec son ailier PLD venu en soutien. Tout ceci accoucha d’un essai entre les poteaux transformé en drop par le valeureux Max Bruet (14-17). Il nous resta alors 5 minutes à jouer pour aller arracher cette victoire qui nous tendait les bras au vu de l’implication mise dans cette rencontre. Sur une dernière attaque et un ballon tapé à suivre, celui-ci fila en touche.

L’arbitre du jour siffla la fin du match avec autant d’autorité qu’un professeur d’arts plastiques du collège. Tout le monde se serra chaleureusement la main, les uns heureux de la victoire à l’extérieur, les autres satisfaits d’avoir montré un bien beau visage du BEC qui ne lâche jamais. Puis ce fut la haie d’honneur pour les gars de la première mais nul doute que cette rencontre servira de référence en raison de l’abnégation dont la réserve fit preuve.

La conclusion que l’on puisse tirer c’est que la présence de Cyrille Huau sur la main courante est instigatrice d’inspiration pour la jeunesse du béciste.

Pilou DUCASSE

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