Un Dimanche à Daglan

La seconde décennie des années 2000 s’est achevée et laisse au BEC une vitrine remplie par deux boucliers de Réserves Honneur Côte d’Argent (2010, 2013), des mégots de Fanfan et des débris plastiques usagés depuis le stage de présaison 2018, oubliés par Guillaume Renaud. Ces dernières années, les résultats en dents de scie ont rythmés la vie du club, alternant entre relégation, série de défaites (2 ans en équipe fanion) mais également des demi-finales départementales en réserve et une magnifique dernière saison en équipe fanion (phases finales Aquitaine et France). Les générations d’étudiants passent chaque année devant les yeux d’un Baragane toujours au front, la camaraderie et l’alégresse perdurent et, malgré des résultats à la baisse, le BEC ne s’éteint point. Ces dix années se sont conclues par des évènements improbables comme une victoire de l’équipe première face à Saint Cyprien, un essai de Pommy/Litière sur un coup de pied rasant de Minimi, des va-et-vient étonnant d’une voiture auvergnate garée sur le parking du club ou encore une médaille d’argent d’Hubert Ducourneau au 400m papillon durant les olympiades de Noël. Mais lors de ces dernières heures, quelques pronostiqueurs experts (Nono-du-64-Btz) ont flairé certaines bonnes côtes comme la prestation majuscule du sondeur Maxime Meunier sur les réseaux sociaux, les rejets acides de la colloc’ neurodégénérative sur les pavés de Pampelune le 31 à 17h30 ou encore le plaisir procuré par l’absence de contacts visuel et auditif avec Sylvain Lapeyre pendant deux semaines.

Après des fêtes rondement menées, malgré l’absence de prise de poids de Yann Méchin, le ballon ovale est revenu dans nos vies (sauf pour Hugo Bares qui prépare sa conférence « Comment jouer au rugby » depuis 1 mois). Parallèlement, les dirigeants ont pris la résolution de moderniser le Club House, en confiant le bar à deux nouveaux prestataires Hugo Couprie (dinosaure beciste) et son camarade Antoine (le même mais sans turgescence crânienne). Emballés, les joueurs ont rapidement pris d’assaut les bons plans culinaires proposés par ce projet ambitieux. Mais dans tout ça ? Quid du rugby ? Même si le port de la tenue sous des degrés quasi-négatifs n’était point regretté, la reprise sportive a pu débuter ce week-end sur le terrain champêtre mais charmant de Daglan, petite commune dordognaise d’environ 500 habitants. Posons le contexte : le BEC avait besoin de points, mais le BEC, dernier, se déplaçait chez le leader de la poule 2… mais le BEC est imprévisible, la flamme brûle toujours et Constant Cruchon s’est teint les cheveux en bleu… l’opération commando pouvait alors être lancée.    

EQUIPE B : Daglan 31 – 12 BEC

1. Assie César, 2. Dureau Kevin, 3. Teahua Taratua, 4. Karpyta Nikola, 5. Beaudoin Lucas, 6. Faure Thomas (m), 7. Ortali Etienne (o), 8. Blanchet Baptiste ©, 9. Darblade Matéo, 10. More Ewan

REMP : 11. Gille Thomas, 12. Traissac Joseph, 13 Rieux Rodolphe, 14. Farison Faustin, 15. Ducasse Pierre-Louis

Le bal est ouvert par les réservistes pour qui l’année s’était achevée sur une rencontre pour le moins cocasse, face à Saint-Cyprien, transformée rapidement en match amical du fait du manque d’effectif adverse. Après ces 2 semaines de raclettes, dindes, magrets ou autres plateaux d’agrumes marines, ils pointent à la cinquième place du classement, en embuscade derrière le quatuor de tête. L’adversaire du jour, tout de rouge vêtu, nage comme un dauphin dans ce championnat et présente une équipe vieillissante (un fils et un père jouait dans la même équipe ce week-end…. Oui, vous avez bien lu ça) mais extrêmement joueuse et puissante.

En effet, nos petits blancs sont rapidement surpris par cette fougue dordognaise, en encaissant un essai dès la cinquième minute, après plusieurs touchés deux mains de nos arrières (on prépare la véritable saison). Un long match pour nos étudiants ? Fort heureusement non ! Similairement au maire Louis de Funès dans sa petite ville de province, ils sèment la Zizanie dans la lente défense locale grâce à un jeu de mouvement débridé. Ils sont récompensés par l’essai de l’escroc Pommy à la 13e, transformé par Vuliskills (7-7). Problème ? Nos estudiantins sont aussi fertiles qu’un embryon absorbant les nutriments de sa mère porteuse : ahhhhh le nombre de percées avortées par un dernier geste bâclé… le vestiaire ne pointera personne du doigt mais attribuera le prix Puskas à Nikola Karpyta pour son incroyable raté (après coup, c’est rigolo, faut le dire) : prise de balle à 20m de la ligne adverse, face aux perches, dernier défenseur à 15m de lui mais… trop d’altruisme tue l’altruisme : en-avant de passe.

Et comme dans tout bon scénario du jeu de console FIFA, nos petits blancs sont punis : sur leur unique incursion dans le camp étudiant durant le second ¼ temps, les locaux vont repasser devant : 14-7 (transformation de l’ancien beciste Louis Maury). Ce coup de massue est salvateur pour nos joueurs qui ne sortiront jamais la tête de l’eau : Daglan va dominer de la tête et des épaules le reste de la partie en inscrivant 3 essais supplémentaires. En dehors de ce trou d’air conséquent, la déception provient de détails techniques (l’atelier passe de Pommix, l’atelier coup d’envoi de Blanchet, le plaquage haut d’Ortali, nos deux touches perdues amenant 2 essais, les en-avants…), et le cruel manque d’engagement, symbolisé par l’incroyable ratio de plaquages manqués et l’impuissance dans les rucks face à des locaux plus roublards. La fin de match décousue fera briller la capacité joueuse des becistes, qui sauveront l’honneur par l’intermédiaire de l’intenable César Assie (score final 31-12).

Face à des adversaires globalement supérieurs, nos réservistes ont peut-être perdu gros, en se retrouvant désormais à 5 points de la quatrième place, à une semaine de la réception du leader réolais. Mais comme le scandait le groupe Lunatic : « Pas le temps pour les regrets, les erreurs appartiennent qu’à nous-mêmes » ; ils doivent se remobiliser et travailler !

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