Le Bec est tombé sur plus fort que lui…

Après une fin d’année 2019 bien terne, les bécistes se présentent chez le premier de poule sans pression et avec une victoire dans la besace après la réception de Saint Cyprien trois semaines plus tôt. Après une régénération physique et mentale nécessaires, les étudiants affichaient deux équipes quasi-complètent, malgré les absences des stagiaires en puissance JB Pierrond et Baptiste Van der Saint-Mézard. A noter que ce dernier en profite également pour amener son expertise de la préparation physique aux provinces de Super Rugby locales, jugées « trop légères » selon ses dires. Il y traite aussi d’amélioration des produits traditionnels du pays arc-en-ciel : « les piquouzes à deux balles dans le postérieur, c’est terminé les enfants ! ». Nul ne veut savoir ce qu’a bien pu prévoir l’athlétique arrière landais du Bec, dont le coup de pompe s’allonge douteusement de dix mètres chaque saison...

Mais revenons-en à nos gazelles, ou plutôt à nos canards comme on dit en Périgord Noir. Etonnamment, les 30 premières minutes se passent miraculeusement bien pour les rouges et bleus. Malgré une archi-domination (en termes de possession comme d’occupation) de Daglan, le score est toujours de 0 à 0 alors que les blancs campent dans les 22 mètres des visiteurs. Hélas pour les Dordognais, les universitaires font étalage de valeurs qu’on ne leur connaissait plus depuis le premier match de la saison à Auvézère. La défense est acharnée et l’en-but reste vierge de toute pénétration daglanaise (c’est venu tout seul, sûrement l’inspiration du mardi soir..).

Rassurez-vous, l’incohérence fait son grand retour en 2020 après une demi-heure de répit qu’elle a laissé à ses favoris du campus. En effet, alors que nous autres réussirent enfin à sortir de notre camp, nous voilà encaissant quatre essais de plus de 50 mètres en dix minutes. 26-0 à la mi-temps. Le ciel est tombé sur la tête des riverains de la Garonne. Les pensionnaires du domaine de Rocquencourt subissent une démonstration de rugby alors que leurs hôtes se délectent d’actions abouties, avec des mouvements collectifs dignes d’un niveau de compétition supérieur. Personne n’est en mesure d’expliquer ce qui se passe dans la tête des universitaires. Après tant d’efforts, baisser les bras de cette manière paraît tout à fait étrange, bizarre même, alors qu’on connaît le tempérament des garçons, pas habitués à mettre de la mauvaise volonté ! Nous pouvons peut-être admettre que la fatigue accumulée en défendant a pesé avant la pause des citrons.

La deuxième mi-temps part sur des bases semblables au début du match. Les deux équipes se neutralisent au niveau du score. Joueuses elles se créent plusieurs occasions sans parvenir à les concrétiser, les actions d’ampleur se succèdent pour le plus grand plaisir du public local et de leur trompettiste écossais. Néanmoins, les daglanais frappent les premiers avec un cinquième essai de belle facture, aplati par leur trois-quarts centre. Quelques minutes plus tard, Léandre Laurent aplati le seul essai des siens sur un rebond favorable suite à un coup de pied « par-dessus » judicieusement tapé.

L’arbitre siffle la fin des hostilités sur le score sans appel de 33 à 7. Il n’en demeure pas moins qu’il est bien difficile de faire un constat réaliste et objectif de cette rencontre. Que devons-nous en retenir ? Les trente premières minutes exemplaires sur l’état d’esprit ? Le deuxième acte où l’on rivalise avec une équipe pratiquement imbattable cette saison ? Ou les « cagades » individuelles et les nombreux errements défensifs de la fin de première mi-temps ? sans parler du score…

La seule chose certaine, c’est que le Bordeaux Etudiants Club a déjà RDV avec son histoire dimanche prochain chez lui devant La Réole. Une nouvelle défaite compromettrait encore davantage ses chances de maintien alors que le week-end a été favorable aux concurrents directs qui se sont tous imposés, à l’exception de Laroque. Pour s’imposer face au deuxième de la poule avec ses gabarits imposants, les bécistes vont devoir conserver la détermination affichée en début de match et mettre les ingrédients pour conclure sur leurs temps forts. Si le cochon n’est pas encore dans le maïs, il serait de bon goût de l’en éloigner un peu avec une victoire qui serait déterminante pour le club dans sa quête de maintien. Rocquencourt devra se faire imprenable ce week-end. Le BEC n’est pas mort !

Hasta la Victoria.

Iñaki Jesus Lapeyre

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